Calage de l'allumeur, mise au point
de l'avance initiale & systèmes automatiques !
La combustion n'étant pas
instantanée, pour avoir la poussée maximale sur la tête
du piston juste après le passage du point mort haut (PMH) il faut
débuter la mise à feu de la charge avec une certaine avance,
il est donc nécessaire de provoquer l'étincelle entre les électrodes
de la bougie avant le PMH.
Celle-ci appelée avance initiale est déterminée
une fois pour toutes par le constructeur, elle est exprimée en degrés
ou plus rarement en mm de course du piston.
Des repères sont généralement prévus sur
la poulie ou sur le volant moteur.
Il faut noter que lorsque la vitesse de rotation augmente, la vitesse
de combustion restant une valeur fixe il devient nécessaire d'augmenter
progressivement l'avance à l'allumage et ceci proportionnellement
à la vitesse, cette tâche est confiée à un système
automatisé basé sur un mécanisme employant la force
centrifuge, il est appelé "correcteur d'avance
centrifuge" .
Il est également intéressant de noter que la valeur de l'avance
à l'allumage est aussi liée à la qualité de remplissage
des cylindres. En effet, plus le mélange présent dans
le cylindre sera riche, plus la vitesse de propagation de la flamme sera
aussi élevée, il faudra donc dans ce cas retirer de l'avance,
ce système de correction relatif à la charge fonctionne à
l'aide de la dépression régnant dans le collecteur d'admission,
on le dénomme "correcteur d'avance à
dépression".
Et comme ce site est consacré aux véhicules anciens, nous
ne pouvons oublier la présence sur certains allumeurs d'une vis micrométrique
placée à l'extérieur et permettant de régler
manuellement l'avance en fonction de la qualité de l'essence employée,
elle est désignée communément sous le terme de
"correcteur d'octane".
Signalons également la présence sur certaines voitures anciennes
d'une tirette ou molette au tableau de bord permettant de corriger, tout
en roulant, la valeur de l'avance à l'allumage, ce mécanisme
est appelé "correcteur d'avance à main"
il faut également insister sur le fait que ce réglage doit
être remis à zéro lors de chaque démarrage notamment
lors du lancement à la manivelle sous peine de "méchants" retours
de manivelle qui cassaient souvent les poignets, je puis en parler à
l'aise pour avoir vécu cette désagréable expérience.
Repérage du point mort haut sur un moteur de WILLYS Hurricane équipant une CJ-3B, on remarque très bien le repère du calage initial, en l'occurence ici, 5° avant le PMH.
* Légende
*
1 : Bloc moteur.
2 : Plateau de l'allumeur.
3 : Poulie ou volant moteur.
4 : Came d'allumeur,
(4 cylindres).
5 : Lampe témoin de contrôle.
a : Repère avance initiale.
b : Repère (PMH),
point mort haut.
c : Repère fixe sur bloc.
Avant
l'exécution du calage de l'allumeur il est impératif (pour
un réglage optimum) de remplacer les linguets (vis platinées) (voir à ce sujet l'article consacré au condensateur en cliquant : ICI)
et de régler correctement l'écartement, celui-ci
s'effectue à l'aide des 2 vis prévues à cet effet lorsque
un des bossages de la came de commande positionne
les vis platinées
au maximum de leur écartement, il sera alors réglé
en employant une cale d'épaisseur de la valeur indiquée par
le constructeur, elle se situe généralement entre 0,40 et 0,50
mm.
Si vous possédez un "Dwellmètre" et que vous connaissez le
"pourcentage Dwell" indiqué pour votre véhicule, vous pourrez
vérifier votre réglage dynamiquement lors du prochain démarrage
de votre moteur, attention , ne pas confondre le "
% Dwell " avec l'angle de came qui comme
son nom l'indique est un angle, donc exprimé en degrés malgré que, tous deux indiquent la valeur de l'angle de fermeture, à
noter également l'existence de vérificateurs d'angle
de came, souvent associés à un compte tours et à une
lampe stroboscopique, ce qui vous donne un appareil complet de mise au point
de l'allumage dans des conditions de fonctionnement et généralement
à un prix très abordable car vendu en version "Do-it-yourself" dans les supermarchés, section accessoires automobiles.
1 : En tournant le moteur dans son sens de rotation, amener
le piston du premier (ou quatrième) cylindre (cas du 4 cylindres) en fin de compression
avec le repère d'allumage aligné avec le repère fixe.
2 : Vérifier la bonne orientation du doigt du distributeur
vers le plot du câble haute tension de la bougie correspondante.
3 : Brancher une lampe témoin en parallèle sur
le circuit basse tension comme vu sur le schéma et mettre le contact
d'allumage.
4 : Tourner le boîtier de l'allumeur dans son sens de
rotation doucement pour que, le rotor toujours bien dirigé, la lampe
s'éteigne, ce qui indique que les vis platinées sont fermées.
5 : Revenir à contresens très lentement jusqu'au
moment précis de l'allumage de la lampe.
6 : Bloquer l'allumeur dans cette position.
7 : Faire faire au moteur un tour complet et revérifier
le moment précis du ré allumage de la lampe qui doit correspondre
de nouveau à un juste alignement des repères, recommencer l'opération
si la synchronisation n'est pas bonne.
8 : Si vous possédez une lampe stroboscopique vous pouvez
revérifier votre réglage dynamiquement en laissant tourner
le moteur au ralenti (pour éviter l'intervention du correcteur centrifuge)
et le raccord à dépression débranché, le cas
échéant.
* Le cas spécifique des allumages de moteurs 3 cylindres 2 temps, DKW - Wartburg *
Très particuliers, ce type d'allumage n'en conserve pas moins le principe courant bobine haute tension et rupteur, la grosse différence
réside dans l'absence de distributeur et la présence d'un système complet pour chacun des cylindres !
L'allumeur à trois jeux de linguets en bout de vilebrequin du moteur deux temps 3 cylindres DKW, très similaire au système Wartburg !
L'outil que je me suis fabriqué à l'aide d'un vieux culot de bouigie pour adapter le comparateur et ainsi déterminer avec précision le PMH et le point d'allumage initial !
Le réglage commencera par l'écartement des linguets à 0,4 mm suivi du calage de l'avance initiale du premier cylindre, j'ai toujours préféré le réglage statique avec détection du point d'avance initiale à l'aide d'un comparateur placé à la place de la bougie du premier cylindre
et une lampe témoin comme pour le classique allumeur des 4 temps, le premier réglage se fait, après avoir déterminé le point d'avance initiale grâce au comparateur, en tournant le plateau principal dans le sens anti-horlogique jusque l'allumage précis de la lampe, bloquer le plateau principal, revérifier puis passer au second cylindre suivant l'ordre d'allumage et répéter
l'opération d'ajustage du point d'allumage en déplaçant le support du second linguet, après nouveau contrôle, effectuer la même opération pour le troisième et dernier cylindre, vous pourrez alors effectuer une dernière vérification générale pour vous assurer de la précision de votre intervention !